Présentation

Les espèces locales de poissons migrateurs

Les poissons migrateurs amphihalins sont des poissons dont le cycle de vie alterne entre milieu marin et eau douce.
A l’exception de l’anguille, il s’agit de poissons migrateurs anadromes. Après une phase de grossissement en rivière et de vie en mer ils remontent les fleuves pour se reproduire. Certaines espèces, dont le saumon, et dans une moindre mesure les aloses, reviennent sur leur lieu de naissance, on parle alors de homing. L’anguille est dite catadrome car elle grossit et vit en rivière avant d’aller se reproduire dans la mer des Sargasses (aux larges des Caraïbes).

L’anguille européenne

Anguilla anguilla

L’anguille est la seule espèce de poisson grand migrateur présente sur les bassins versants Charente et Seudre qui se reproduit en mer (thalassotoque) et grandit en rivières, en marais ou sur le littoral.

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Caractéristiques spécifiques :
Taille : 30à 150 cm
Poids adulte : 0,3 à 4 kg
Durée de vie : 7 à 12 ans
Nombre de reproduction : 1

Migration :
Migration des géniteurs en mer : Octobre à février
Reproduction : printemps aux Sargasses
Migration des civelles en estuaire : octobre à juin
Migration des anguillettes en rivière : Avril à octobre
Croissance en rivière : 3 à 12 ans
Capacité de franchissement : migration passive des civelles et reptation des anguillettes et anguilles jaunes

Reproduction :
Elle se déroule dans la mer des Sargasses au printemps, un an et demi après le début de la migration des géniteurs. A l’éclosion, les larves (leptocéphales) remontent dans les eaux superficielles et sont emmenées par la dérive nord atlantique jusqu’aux côtes européennes. Sur le talus continental, les larves se métamorphosent en civelles (5 à 9 cm), stade qui commence la colonisation des fleuves. Celles-ci se pigmentent et se métamorphosent en anguilles jaunes (ventre jaune, dos vert à brun olive) au cours de leur migration. Après une phase de croissance en rivière, de 3 à 18 ans selon les individus et le sexe, les anguilles jaunes se métamorphosent en anguilles argentées (dos sombre et ventre blanc) et sont prêtes à rejoindre la mer des Sargasses.

Mesures de protections :
- Plan de Gestion Européen et National pour l’Anguille
- Classée comme espèce "en danger critique d’extinction" en France par Le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN)(http://www.uicn.fr/IMG/pdf/Liste_rouge_France_Poissons_d_eau_douce_de_metropole.pdf)
- Figure dans la liste de la CITES (Convention on International Trade in Endangered Species)

La grande alose

Alosa alosa

La grande alose est une espèce amphihaline potamotoque, c’est-à-dire qu’elle se reproduit en eau douce.

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Caractéristiques spécifiques :
Taille : 40 à 80 cm
Poids : 1 à 5 kg
Durée de vie : 4 à 7 ans
Nombre de reproduction : 1 (2 à 3 exceptionnel)
Homing : de bassin ?
Détermination : écailles irrégulières

Migration :
Migration des géniteurs : Mars à juin
Reproduction : avril à juillet de 16° à 18°C
Retour en mer des alosons : Septembre à décembre
Croissance en mer : 3 à 7 ans
Capacité de franchissement : nage

Reproduction :
La nuit, les couples montent à la surface. Le mâle et la femelle à demi-émergés, flanc contre flanc, frappent violemment la surface de l’eau à l’aide de leur nageoire en exécutant un déplacement circulaire. C’est au cours de cette phase appelée « bull » que les produits génitaux sont libérés et que se produit la fécondation. Aujourd’hui, la majorité des zones de reproduction sont forcées au pied des barrages et impactent le bon déroulement de la reproduction.

Mesures de protections :
- Classée comme espèce "vulnérable" par Le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)(http://www.uicn.fr/IMG/pdf/Liste_rouge_France_Poissons_d_eau_douce_de_metropole.pdf)
- Figure à l’annexe III de la convention de Berne
- Figure à l’annexe II et V de la Directive Habitat Faune Flore
- Peut être classées dans les arrêtés de biotope notamment pour les zones de frayères (arrêté du 8/12/88 actuellement en actualisation)
- Moratoire : depuis 2009 (peut être reconduit annuellement)

L’alose feinte

Alosa fallax

L’alose feinte (appelée gâte localement) est du même genre que la grande alose (Alosa). Elle est cependant plus petite (40-50cm maxi).

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Caractéristiques spécifiques :
Taille : 30 à 50 cm
Poids : 0,7 à 1,5 kg
Durée de vie : 4 à 7 ans
Nombre de reproduction : 1 (à 2)
Homing : de bassin ?
Détermination : écailles régulières

Migration :
Migration des géniteurs : Avril à juin
Reproduction : Avril à juin
Retour en mer des alosons : Juillet à octobre
Croissance en mer : 3 à 6 ans
Capacité de franchissement : nage

Reproduction :
La nuit, les couples montent à la surface. Le mâle et la femelle à demi-émergés, flanc contre flanc, frappent violemment la surface de l’eau à l’aide de leur nageoire en exécutant un déplacement circulaire. C’est au cours de cette phase appelée « bull » que les produits génitaux sont libérés et que se produit la fécondation. Aujourd’hui, la majorité des zones de reproduction sont forcées au pied des barrages et impactent le bon déroulement de la reproduction

Mesures de protection :
- Classée comme espèce "vulnérable" par Le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)(http://www.uicn.fr/IMG/pdf/Liste_rouge_France_Poissons_d_eau_douce_de_metropole.pdf)
- Figure à l’annexe III de la convention de Berne
- Figure à l’annexe II et V de la Directive Habitat Faune Flore
- Peut être classée dans les arrêtés de biotope notamment pour les zones de frayères
(arrêté du 8/12/88 actuellement en actualisation)

La lamproie marine

Petromyzon marinus

La lamproie marine n’est pas un poisson au sens premier du terme. Elle fait partie des vertébrés primitifs, les agnathes. Durant sa vie de juvéniles (ammocètes), elle vit enfouie dans le sédiment en rivières. Une fois est partie en mer, elle s’accroche à une proie (poisson ou mammifère marins) avec sa ventouse et se nourrit de son sang et de sa chair. Enfin, arrivée à maturité, elle remonte en rivière pour se reproduire et mourir.
Elle est présente sur le bassin de la Charente mais pas en Seudre.

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Caractéristiques spécifiques :
Taille : 60 à 80 cm
Poids : 0,7 à 0,9 kg
Durée de vie : 8 à 9 ans
Nombre de reproduction : 1
Homing : ?

Migration :
Migration des géniteurs : Janvier à mi-juin
Reproduction : mai-juin
Vie larvaire : 5 ans
Métamorphose : 3 mois (fin juillet à octobre)
Dévalaison des juvéniles : Octobre à mi-avril
Croissance en mer : 20 à 31 mois
Capacité de franchissement : nage + ventouse

Reproduction :
Les lamproies marines recherchent pour se reproduire des zones de graviers/galets et creusent leur nid préférentiellement dans les secteurs de courant. Les nids sont de forme circulaire d’environ 1,5 m de diamètre. Ce sont principalement les mâles qui déplacent les pierres à l’aide du corps et de la ventouse.
L’importance de la durée de vie larvaire (5 ans) rend cette espèce très sensible à la pollution des milieux continentaux et en fait une bonne indicatrice de la qualité des milieux.

Mesures de protection :
- Classée comme espèce "Quasi menacée" par Le Comité français de l’Union Internationale pour la conservation de la nature (UICN)(http://www.uicn.fr/IMG/pdf/Liste_rouge_France_Poissons_d_eau_douce_de_metropole.pdf)
Quasi menacée = espèce proche du seuil des espèces menacées ou qui pourrait être menacée si des mesures de conservation spécifiques n’étaient pas prises.
- Figure à l’annexe III de la convention de Berne
- Figure à l’annexe II de la Directive Habitat Faune Flore
- Peut être classée dans les arrêtés de biotope notamment pour les zones de frayères (arrêté du 8/12/88 actuellement en actualisation)

La lamproie fluviatile

Lampetra fluviatilis

Comme la lamproie marine, la lamproie fluviatile n’est pas un poisson mais un agnathe (vertébré primitif). Elle est beaucoup plus petite que la marine. Durant sa vie de juvéniles (ammocètes), elle vit enfouie dans le sédiment en rivières. Une fois est partie en mer, elle s’accroche à une proie (poisson ou mammifère marins) avec sa ventouse et se nourrit de son sang et de sa chair. Enfin, arrivée à maturité, elle remonte en rivière pour se reproduire et mourir.

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Caractéristiques spécifiques :
Taille : 30 à 50 cm
Poids : 50 à 200g
Durée de vie : 7 à 8 ans
Nombre de reproduction : 1
Homing : ?

Migration :
Migration des géniteurs : Octobre à mi-mai
Reproduction : Avril à mai
Vie larvaire : 5 ans
Métamorphose : 3 mois (fin juillet à octobre)
Dévalaison des juvéniles : Octobre à avril
Capacité de franchissement : nage + ventouse

Reproduction :
Les lamproies fluviatiles recherchent pour se reproduire des zones de sable grossier / graviers et creusent leur nid préférentiellement dans les secteurs de courant. Les nids sont de forme circulaire d’environ 0,5 m de diamètre.
L’importance de la durée de vie larvaire (5 ans) rend cette espèce très sensible à la pollution des milieux continentaux et en fait une bonne indicatrice de la qualité des milieux.

Mesures de protection :
- Classée comme espèce "vulnérable" par Le Comité français de l’Union Internationale pour la conservation de la nature (UICN)(http://www.uicn.fr/IMG/pdf/Liste_rouge_France_Poissons_d_eau_douce_de_metropole.pdf)
- Figure à l’annexe III de la convention de Berne
- Figure à l’annexe II de la Directive Habitat Faune Flore
- Peut être classée dans les arrêtés de biotope notamment pour les zones de frayères (arrêté du 8/12/88 actuellement en actualisation)

Le saumon atlantique

Salmo salar

Le saumon atlantique est un grand migrateur amphihalin qui parcoure une distance très importante entre sa rivière de naissance et sa zone de grossissement en atlantique du Nord Ouest. Il est de nos jours peu présent sur le bassin de la Charente et absent en Seudre.

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Caractéristiques spécifiques :
Taille : 0,5 à 1,5 m
Poids : 2,5 à 30 kg
Durée de vie : 3 à 10 ans
Nombre de reproduction : 1 à 5
Homing : oui

Migration :
Migration des géniteurs : Mi-octobre à mi-mai
Reproduction : novembre à février
Dévalaison des juvéniles : Octobre à avril
Croissance en mer : 1 à 7 ans
Capacité de franchissement : nage et saut

Reproduction :
Les géniteurs creusent un nid sur des plages de graviers et de galets sur les secteurs amont des cours d’eau. Les œufs fécondés se développent dans le tas de graviers de la frayère et l’émergence des alevins se déroule 800 degré-jours environ après la fécondation. Les juvéniles effectuent un séjour en rivière de 1 à 3 ans avant de se smoltifier (métamorphose les préparant à la vie marine) et de dévaler vers la mer

Mesures de protection :
- Classée comme espèce "Vulnérable" par Le Comité français de l’Union Internationale pour la conservation de la nature (UICN)(http://www.uicn.fr/IMG/pdf/Liste_rouge_France_Poissons_d_eau_douce_de_metropole.pdf)
- Figure à l’annexe III de la convention de Berne
- Figure à l’annexe II et V de la Directive Habitat Faune Flore
- Ses biotopes sont à protéger (arrêté du 8/12/88 actuellement en actualisation)

La truite de mer

Salmo trutta trutta

La truite de mer est une variante migratrice de la truite fario. Elle est de nos jours peu présente sur le bassin de la Charente et absente en Seudre. Sa différence avec le saumon atlantique et qu’elle a une nageoire caudale droite, un pédoncule caudal plus épais et une robe tachetée et ponctuations en croix descendent sous ligne latérale.

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Caractéristiques spécifiques :
Taille : 30 à 100 cm
Poids : 0,4 à 10 kg
Durée de vie : 3 à 6 ans
Nombre de reproduction : 1 à 2 (30 à 40 %)
Homing : moins marqué que pour saumon atlantique

Migration :
Migration des géniteurs : Janvier à juin et
d’octobre à novembre
Reproduction : novembre à février
Dévalaison des juvéniles : Avril à mi-juin
Croissance en mer : 1 à 2 ans
Capacité de franchissement : nage et saut

Reproduction :
Les géniteurs creusent un nid sur des plages de graviers et de galets sur les secteurs amont des cours d’eau. Les œufs fécondés se développent dans le tas de graviers de la frayère et l’émergence des alevins se déroule 800 degré-jours environ après la fécondation. Les juvéniles effectuent un séjour en rivière de 1 à 3 ans avant de se smoltifier (métamorphose les préparant à la vie marine) et de dévaler vers la mer.

Mesures de protection :
- Considérée comme vulnérable en raison des obstacles à la migration empêchant l’accès aux zones de reproduction
- Ses biotopes sont à protéger (arrêté du 8/12/88 actuellement en actualisation)